À première vue le plastique est une matière vraiment fantastique: malléable, flexible et bon marché….très bon marché.

Selon le type de plastique le prix d’un kilo de résine varie entre quelques centimes et quelques euros, la matière vierge étant moins chère que le plastique recyclé. Ce prix si faible est l’une des principales raisons de son omniprésence dans notre quotidien.

Cependant, bien que le plastique soit très bon marché, il a un coût pour la société. Nous nous sommes donc posé la question suivante: en prenant en compte plus de facteurs que le coût de fabrication, quel est le vrai coût du plastique?

 

LE PLASTIQUE: UN PROBLÈME POUR LA NATURE, NOTRE SANTÉ ET LES ANIMAUX SAUVAGES

1. Le coût du plastique pour la planète:

Les fleuves, forêts et plages sont remplis de plastique, des micro-plastiques sont présents dans la chaine alimentaire de nombreuses espèces et les additifs chimiques présents dans le plastique polluent nos sols… l’impact environnemental du plastique est énorme et cet impact a un coût économique.

Elverdadero coste del plástico

Arrêtons nous deux minutes sur la question de la gestion des déchets plastiques. Combien pourrait bien coûter une gestion efficace de tout le plastique qui est fabriqué chaque année? Combien coûterait la gestion efficace des déchets résultant des 350 millions de tonnes de plastique qui sont mises en circulation chaque année? (selon l’association Zéro-waste France, la production plastique mondiale a plus que doublé depuis les années 2000 et selon les prévisions du secteur, elle pourrait quadrupler d’ici 2050)?

Dans notre article intitulé “Le recyclage du plastique n’existe pas”, nous expliquions que plus de la moitié ( au moins 70%) du plastique produit finit dans la nature et une des principales raisons de son non recyclage c’est que dans le cas de las grande majorité des plastiques, le recyclage ce n’est pas rentable.

Une gestion efficace des déchets impliquerait, des chaînes de recyclage qui permettent de recycler les plastiques de petite taille et poids, les plastiques les moins courants. Il faudrait faire rouler énormément de camions, investir dans la recherche pour élaborer de nouvelles techniques, et enfin trouver une solution de fin de vie pour tous les plastiques qui ne sont plus recyclables ayant été recyclés plusieurs fois.

Si les entreprises productrices de plastique avaient l’obligation de mettre en place les filières de gestion de leurs produits en fin de vie utile avant de les mettre sur le marché, elles y réfléchiraient à deux fois et certainement y renonceraient par manque de rentabilité.

Imaginez, un peigne ou une cuillère en plastique pourrait même coûter plus cher que ses homologues réutilisables en bois ou en inox. Dans ce cas le plastique n’aurait plus de sens.

Conclusion, les grosses économies des fabricants , c’est la planète qui en fait les frais.

2. Le coût du plastique pour la santé publique:

Le plastique est partout. Et même si chez vous, vous vivez déjà presque en mode zéro-plastique, dès le pas de la porte passé, il y en a partout: au supermarché, dans les écoles, au restaurant et même dans les hôpitaux.

Mais, connaissez-vous les conséquences de cette exposition quotidienne au plastique?

Le plastique contient des perturbateurs endocriniens, des toxiques synthétiques qui altèrent le fonctionnement du système hormonal et qui peuvent être à l’origine de nombreux problèmes de santé.

De fait, selon de nombreux organismes et associations comme par exemple le RSE (Réseau Santé Environnment),  on associe “de plus en plus ces expositions précoces à certains types de produits chimiques à plusieurs maladies chroniques en pleine expansion telles que obésité-diabète, cancers, troubles de la reproduction, asthme, maladies neuro-comportementales”.

Il est clair qu’il est encore difficile de calculer le coût économique du plastique lié à la santé publique, mais ce coût existe (traitement pour la fertilité, contre le cancer ou autres maladies) et si nous continuons à être en contact permanent avec du plastique il est fort probable qu’il augmente sérieusement.

3. Le coût pour les animaux:

Les animaux sont les premières victimes du plastique. Des millions d’oiseaux et mamifères marins meurent chaque année parce qu’ils ont ingéré ou se sont retrouvés empétrés dans nos déchets plastiques.

Ave víctima plástico

 

S’il est très difficile de calculer de façon exacte le coût du sauvetage et de la réintroduction des animaux que nous réussissons à sauver, ce coût est réel et bien souvent assumé par de petites associations de bénévoles. De plus, il est difficile de savoir quelle est l’étendue du problème et bien des victimes animales du plastique ne sont jamais recensées. Or, on soupçonne de plus en plus le plastique d’accélérer la disparition de certaines espèces.

Au -delà du coût pour la nature, la perte en biodiversité représente et représentera un vrai coût économique pour la société qui devra faire face aux déséquilibres écologiques tout comme c’est le cas avec le changement climatique.

 

UNE TAXE PLASTIQUE, LA SOLUTION?

Face au coût réel du plastique pour la société, un débat est né sur les solutions à apporter. Une de ces solutions serait une taxe plastique.

Que se passerait-il si l’État considérait le plastique comme le tabac? Si on reconnaissait enfin le danger du plastique pour la santé et que l’on voyait un peu partout des campagnes de sensibilisation contre ses dangers?

Et surtout, que se passerait-il si l’on imposait une taxe sur le plastique pour pouvoir financer son coût environnemental et de santé publique?

Il est clair que si du fait de ces taxes le prix du plastique montait considérablement, les entreprises comme leurs clientes et clients finiraient pour bien des applications par délaisser cette matière certainement au profit de matières plus durables, plus saines et respectueuses de la planète.

 

NOTRE PROPOSITION: RÉUTILISATION ET RÉDUCTION

Comme nous l’expliquions dans notre article “Les sacs en papier sont-ils plus écologiques que les sacs en plastique?”  il ne s’agit pas de choisir une autre matière que le plastique et continuer avec nos habitudes de consommation frénétique.

Pour ce qui est de l’impact du plastique sur notre santé, nous préconisons par exemple de choisir des cosmétiques naturels et écologiques non emballés dans du plastique et de manger des aliments frais, achetés en vrac et non cuisinés (chauffés ni stockés ) dans du plastique.

Sur la question des déchets et de l’impact sur la faune sauvage, il est clair pour nous que seule solution est de réduire au maximum la consommation de plastique à usage unique et choisir des récipients réutilisables et des sacs en coton bio réutilisables. La vie zéro-déchet n’est pas qu’une mode écolo du moment, elle est l’unique solution à long terme si nous ne voulons pas payer très cher la facture que va nous laisser notre surconsommation de plastique jetable.

 

CONCLUSION: LE PLASTIQUE UNE MATIÈRE BON MARCHÉ QUI NOUS COÛTE (TRÈS) CHER.

Le plastique n’est pas cher uniquement si l’on regarde son prix à une échelle individuelle mais collectivement, il coûte cher à l’ensemble de la société.

La question est donc de savoir s’il est juste que la planète, la santé de nos enfants et les animaux payent le prix de notre usage frénétique du plastique et des énormes bénéfices des entreprises qui le produisent et l’utilisent. Le vrai prix du plastique c’est la société et la nature qui le paye.

Et vous, qu’en pensez-vous? N’hésitez pas à partager vos réflexions en commentaire.