Vous nous demandez souvent si les emballages en plastique écologiques existent, si le plastique peut vraiment être compostable ou biodégradable ou pourquoi les produits issus de l’agriculture biologique sont souvent sur-emballés.

Nous faisons donc aujourd’hui le point sur ces questions avec notre cofondateur Javier.

 

Le plastique biodégradable est-ce que ça existe vraiment?

La réponse est non.

Quelque chose de biodégradable doit pouvoir être dégradé par action bactérienne jusqu’à décomposition totale et sa réintégration à la nature.

Une peau de banane, une épluchure de pomme de terre sont de véritables « emballages » biodégradables, mais pas le plastique car malheureusement le plastique contient toujours des additifs chimiques qui ne peuvent pas être utilisés par les plantes.

Le problème c’est que ces additifs chimiques laissent une trace toxique.

Dans certains cas, comme par exemple pour les filets de pêche, nous voyons que le fait de développer le matériel de pêche avec des plastiques rapidement dégradables peut sauver des centaines de milliers de vies d’animaux marins.

Mais de manière générale, les plastiques que l’on nous vend comme biodégradables ne résolvent en rien le problème de la pollution liée au plastique, en particulier la pollution toxique.

En plus, dire qu’un objet en plastique est biodégradable est une information beaucoup trop vague. Il faudrait qu’on nous dise dans quelles conditions (climat, humidité etc.) et au bout de combien de temps le plastique se dégrade.

 

Et est-ce que le plastique peut être compostable ?

Là aussi il faut faire attention. Souvent on nous vend comme compostable des plastiques qui ne se compostent que dans le cadre d’installations industrielles prévues à cet effet, et non dans un composteur ménager.

Nous avons plusieurs fois essayer de composter des plastiques dits compostables et jamais nous n’y sommes arrivés. Nous ne pouvons affirmer qu’il n’en existe pas mais bien souvent le qualificatif de compostable est trompeur.

Et puis, la question centrale c’est : avons-nous envie d’utiliser comme engrais pour nos légumes un compost dans lequel s’est décomposé du plastique avec tout les additifs chimiques qui lui ont été ajoutés pour qu’il puisse se fragmenter aussi rapidement ?

 

Et en ce qui concerne les produits biologiques vendus dans des emballages en plastique. Sont-ils vraiment écologiques ?

Pour moi c’est évident qu’acheter des légumes bio emballés dans du plastique rend cet achat beaucoup moins écologique. Bien sûr, si ce légume est cultivé localement par une personne qui l’emballe dans du plastique mais qui n’utilise pas d’engrais et travaille dans le respect de la biodiversité…c’est autre chose. Beaucoup d’éléments entrent dans la balance lorsque nous parlons de la valeur écologique d’un produit.

Mais il est important de savoir que les alternatives existent et qu’il est possible de trouver des produits locaux, écologiques et sans plastique.

Et c’est vrai, parfois, l’usage d’un emballage plastique peut se justifier. Par exemple un bidon de détergent liquide acheté en vrac et réutilisé pendant des années peut être une option durable. Il faut considérer l’ensemble du cycle de vie.

 

Mais lorsque l’on est face à un rayon de supermarché, ou même dans notre boutique de quartier, comment savoir si un emballage est durable ?

Il faut se poser plusieurs questions:

  1. Ce produit est-il sur-emballé?

 Cet emballage est-il nécessaire? Est-il possible de trouver ce produit sans emballage ?

  1. Cet emballage peut -il être problématique pour la santé?

 Cet emballage est-il en contact direct avec la nourriture ? Contient-il des substances nocives? Comme par   exemple pour les boîtes de conserve qui ne sont jamais une option sûre

  1. Quel est le cycle de vie de cet emballage ?

Est-il réutilisable, consignable, recyclable ? Par exemple, le verre est toujours une meilleure option que le plastique car il est recyclable à l’infini. Un emballage en papier ou en carton est recyclable et aussi biodégradable et compostable.

 

En parlant du papier et du carton, certaines personnes pensent qu’ils ont aussi un très fort impact environnemental. Que leur réponds-tu ?

Répondre à cette question n’est pas si simple, deux grandes questions rentrent en compte :

  1. Tout d’abord, il n’y a pas d’études qui prennent en compte un facteur décisif : la durée de vie du plastique dans la nature.

La plupart des études comparatives d’impact se cantonnent à la consommation d’énergie liée à l’extraction des matières premières, à la fabrication, au transport du plastique, du verre et du papier. Il est vrai que fabriquer un sac en papier consomme plus d’énergie que pour un sac en plastique, et que le verre est beaucoup plus énergivore au moment du transport. Mais le verre contrairement au plastique est vraiment recyclable.

De fait, dans certains pays il y a plusieurs conteneurs de recyclage pour le verre, un par couleur de verre. Pour un recyclage encore plus optimal.

Et s’il existait un vrai système de consigne, nous aurions des données sur quelle matière entre le verre et le plastique est plus durable dans le cadre d’un système de réutilisation des emballages. Aujourd’hui nous n’avons pas la réponse à cette question.

  1. Et puis il y a une autre variable à prendre en compte, l’impact terrible du plastique sur la santé et l’environnement.

Le plastique est à l’origine de la disparition d’espèces entières, de maladies chroniques plus ou moins graves… Comme nous l’abordons dans notre article sur le vrai coût du plastique. Le coût sanitaire et environnemental est immense et il n’est jamais pris en compter dans les études comparatives d’impact.

Donc même si dans certains cas, l’empreinte énergétique du plastique est la moins élevée, il est à l’origine de drames humains et environnementaux et ne peut donc pas être considéré comme une option durable.

 

Et puis, l’autre souci c’est que trop peu de personnes sont conscientes de l’industrie qu’il y a derrière le plastique.

Derrière les emballages, il y a d’énormes intérêts économiques.

Emballer des produits dans du plastique c’est avant tout nous vendre du plastique de façon indirecte et ce pour plusieurs raisons :

  • Le plastique est un support marketing idéal : sa malléabilité permet de lui donner toutes les formes et couleurs imaginables. Il attire l’œil et est utilisé pour stimuler nos envies d’achat. Il est très peu cher et permet aux marques de se différencier ce qui est moins facile avec par exemple un bocal en verre ou dans le cadre de vente en vrac.
  • En plus, le plastique est un sous-produit du pétrole et les entreprises pétrolières font tout pour donner à leurs exploitations un rendement maximum. Si l’on cesse d’acheter du plastique c’est une des industries les plus puissantes du monde qui perd de l’argent.
  • Finalement, l’industrie chimique est très puissante en Europe. Les entreprises qui fabriquent les additifs chimiques du plastique sont un lobby très influent en Europe et elles savent très bien défendre leurs intérêts.

 

Et en ce qui concerne la gestion des déchets plastiques ?

Il y a toute une économie basée sur la gestion des déchets. Si nous arrêtons de produire des déchets c’est tout un marché qui s’effondre. Les acteurs de ce marché ont intérêt à ce que l’on produise toujours plus de déchets.

Mais c’est une économie basée sur une valeur artificielle, un cercle vicieux. Très lucrative pour certaines personnes mais dramatique pour la planète et la collectivité. Les institutions publiques dépenses des sommes absolument gigantesques pour gérer des déchets que nous pourrions très facilement éviter. Des ressources qui pourraient être orientées vers d’autres projets porteurs de bien-être social et environnemental.

 

Au-delà de réduire ses déchets, acheter en vrac et opter pour des alternatives réutilisables et de qualité au lieu de produits à usage unique, comment peut-on savoir si on fait le bon choix et quelles décisions de consommation sont les plus durables?

Voici nos deux conseils:

  • Faites confiance à votre bon sens.

En général le meilleur emballage est celui qui n’existe pas. Peu importe les qualités écologiques d’un emballage ventées par une marque. L’important est de savoir si cet emballage est nécessaire et s’il est possible de trouver une alternative zéro-déchet.

  • Informez-vous auprès des personnes qui savent sur le sujet.

Nous vous conseillons en particulier le site de Zero-Waste France et de Greenpeace en particulier leurs rapports sur le plastique.

 


Nous espérons que cet article vous aura aidé à y voir plus clair et vous a donné des clés pour ne pas tomber dans le piège du greenwashing qui entoure les emballages.